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DÉBAT | C. RENOUARD et J-P. HAEMMERLEIN ont débattu de la RSE comme levier d'influence de la France



Dix ans après le drame indien du Rana Plaza, le Club France Initiative a débattu lundi 20 mars avec Cécile RENOUARD, Présidente du Campus de la Transition, et Jean-Pierre HAEMMERLEIN, Directeur de la Fondation Décathlon, sur le thème de "la RSE comme levier d'influence de la France à l'international".

Cécile RENOUARD est une "chercheuse" de la RSE. Elle a créé en 2017 le Campus de la Transition, un organisme de formation universitaire dédié à la transition écologique et sociale, qu'elle préside depuis. A l'Essec, elle mène des recherches sur la mise en œuvre des responsabilités éthique et politique des acteurs privés. Elle a ainsi été amenée à travailler sur des projets en France, au Nigeria, au Mexique, en Inde, en Indonésie, etc.

Jean-Pierre HAEMMERLEIN est un "praticien" de la RSE. Ancien Directeur des ressources humaines de l'entreprise française Decathlon, il a participé en 2005 à la création de la Fondation Decathlon dont il est aujourd'hui le Directeur. Cette fondation interne d'entreprise permet aux collaborateurs du réseau de s'engager bénévolement dans des actions de solidarité, via la pratique du sport et d'activités physiques, au bénéfice de personnes en situation de fragilité physique et / ou sociale. Elle porte plus de 800 projets de long terme à travers le monde bénéficiant à plus de 500 000 personnes.


Un impact positif sur l'extérieur


Parce qu’une entreprise ne saurait être durablement prospère dans une société et un monde ne l’étant pas aussi, la démarche de "responsabilité sociétale des entreprises" (RSE) intègre aux activités commerciales et aux relations avec les parties prenantes les préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), de sorte de rester économiquement viable tout en ayant un impact positif sur cette société et ce monde. Ainsi les entreprises sont-elles incitées à participer à un mouvement général de transition vers un modèle de développement plus soutenable, aussi bien sur le plan environnemental que sociétal et de gouvernance. Bien sûr, les sensibilités varient suivant les zones géographiques : droits du travail, environnement, égalité femmes-hommes, handicap, droits de l'homme, etc.

Alors que les grandes entreprises valorisent de plus en plus cette RSE comme un levier commercial à l'international, une fenêtre d'opportunité existe pour la France, déjà pionnière en la matière, afin de continuer de creuser son sillon, au moment où d'autres pays font au contraire, à l'instar des Etats-Unis, le choix de rejeter un "capitalisme woke".


Rester pionnière


Par son histoire et sa construction politique, l’Etat tient en France un rôle prépondérant dans l’organisation sociale et économique du pays. Si le concept de RSE est d'origine anglo-saxonne, la France s’est ainsi distinguée en étant le premier pays à rendre obligatoire une pratique volontaire avec la publication d’information RSE dans un rapport dédié. Les bonnes pratiques de RSE des entreprises françaises constituent un gisement d'avantages compétitifs "hors-prix", avec la prise en compte du temps long, la redistribution de la richesse, la préservation de l’environnement, etc.

Mais ce gisement d’influence du modèle français de RSE paraît sous-exploité. L'attractivité et le potentiel commercial des entreprises tricolores sous-tend pourtant le soft power hexagonal. La mise en valeur du modèle français de RSE et de ses réalisations permettrait de créer le récit d’une France capable de répondre aux enjeux contemporains tout en demeurant un acteur économique majeur à l'offensive dans la compétition mondiale. Ainsi la France peut-elle et doit-elle jouer un rôle moteur en proposant des outils concrets pour accélérer la transition écologique et sociale vers un capitalisme plus responsable et un développement plus durable.


Principales recommandations


Plusieurs analyses, observations et suggestions de Cécile RENOUARD et Jean-Pierre HAEMMERLEIN ont tout particulièrement retenu l'attention du Club France Initiative :

  1. La démarche de RSE devrait être pleinement "politique", pas seulement "philanthropique". L'acronyme pourrait d'ailleurs être développé en "responsabilité systémique des entreprises", afin de souligner que les différentes responsabilités de l'entreprise devraient être assumées comme la maîtrise de ses différents impacts tout au long de ses chaînes de valeur. La convergence des logiques financières et extra-financières devrait permettre de créer de la valeur économique et financière tout en respectant les "frontières planétaires" - un "plancher social" et un "plafond environnemental".

  2. En interne, la France pourrait légiférer afin que les entreprises réalisant plus de X millions € de chiffre d'affaires consacrent X% de leur bénéfice net à la RSE, à l'instar de la loi indienne de 2013 qui fait de la RSE une obligation légale en obligeant les grandes entreprises réalisant plus de 125 M€ de chiffre d'affaires à consacrer 2% de leur bénéfice net moyen des 3 dernières années à la RSE.

  3. A l'extérieur, la France pourrait prendre l'initiative d'un traité internationalisant la loi du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris lorsque les atteintes aux droits humains et à l'environnement sont commises par leurs filiales directes ou indirectes, dans leur pays d'origine et dans le reste du monde.

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