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En 2023, l'influence sourira aux audacieux !


En ce début d’année 2023, tous les éditorialistes et les experts des relations internationales nous le rappellent, nous traversons une période d’intenses mutations, de transformations profondes ayant de lourdes conséquences aussi bien sur les plans géopolitique, économique, social qu’écologique.

Mais qu'en est-il de l’influence de la France à l’international ? Sujet délicat car difficilement mesurable, bien que des indicateurs précis pourraient être mis en place, dossier sur la liste des objectifs du Club France Initiative pour 2023.

Il y a loin de la coupe aux lèvres

Force est de constater que notre influence a été fluctuante en 2022. La dramatique guerre en Ukraine a replongé l’Europe dans l’Histoire. Et il faut bien dire que cet événement douloureux a mis en avant la présidence française de l’Union européenne car plus que jamais les Européens ont dû se serrer les coudes. Après des résultats significatifs, notamment pour les vaccins pendant la pandémie, l’Union a - sous présidence française - su répondre présente notamment pour sanctionner sévèrement la Russie et soutenir les Ukrainiens. Cependant, si d’indéniables avancées ont été obtenues, notamment dans les domaines économique, environnemental et énergétique, il y a loin de la coupe aux lèvres en matière d'autonomie stratégique européenne.

La guerre d’invasion russe a mis à jour un éloignement croissant des pays du Sud vis-à-vis des Occidentaux et l’exacerbation de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine. Dans ce contexte, l’OTAN est sortie de son état de « mort cérébrale » et nombreux sont les pays européens à s'abriter sous le « parapluie américain ». Nos voisins continuent de considérer que seuls les Etats-Unis sont garants de leurs intérêts vitaux. En la matière, la France gagnerait à être plus à l’écoute de ses partenaires et alliés et plus pragmatique pour les persuader de l’urgente nécessité d’un pilier européen au sein de l’OTAN. « America first » demeure la volonté de l’opinion américaine et des cercles du pouvoir à Washington. Ainsi, tout indique que les Européens doivent reprendre leur destin en main, mais la lucidité nous oblige à dire que nous sommes loin du compte. Et si la France est incontestablement l’un des moteurs de l’Europe, notre capacité à convaincre n’est pas toujours aussi grande que nous le souhaiterions.

Ne pas s'endormir sur ses lauriers

L’année 2022 a aussi vu une France qui attire autant les investisseurs que les touristes. Il suffisait de voir le flux continu de touristes internationaux dans les rues parisiennes pendant les fêtes de fin d’année. Dans le monde post-Covid, la France demeure la première destination touristique mondiale. Notre pays est aussi le plus attractif d’Europe pour les investisseurs étrangers et cela depuis 2019. La réélection du Président sortant a contribué à ces bons résultats car les Français ont fait le choix de la stabilité, pour la première fois hors cohabitation sous la Ve République depuis le général de Gaulle. Or on le sait, la stabilité politique est souvent source de confiance. Les efforts menés depuis 2017 sur le plan économique portent leurs fruits en renforçant notre compétitivité, créant ainsi des emplois et amorçant des relocalisations. Dans la décennie à venir, la réindustrialisation sera un enjeu majeur pour demeurer un pays qui compte sur la scène mondiale. Autant de signes positifs pour notre influence car l’état et la dynamique du pays, sa capacité à se réformer, à être acteur du progrès, sont des vecteurs de notre « soft power ».

En ce début d’année, si les perspectives sont moroses, le vrai piège pour l’influence française serait l’immobilisme sur la scène internationale. Avec la conviction qu’en étant plus forte à « l’intérieur », la France pourra être plus ambitieuse à « l’extérieur », elle doit continuer à se réformer si elle veut prospérer et affronter tous les périls de notre temps. Pour être crédible et donc audible, la France doit continuer à rendre son économie plus conquérante tout en maîtrisant mieux ses dépenses publiques. Pour être respectée, elle devra moderniser et développer son appareil militaire. Pour être suivie, elle devra prendre des initiatives et apporter des solutions concrètes aux défis contemporains.

L’autre danger qui nous guette serait d’être perçus - suivant le dicton québécois - comme « grands parleurs, petits faiseurs ». En 2023, la France devra être davantage dans l’action et moins dans l’incantation. Moins de paroles, plus d'actes ! C’est aussi l’un des enjeux des « Etats généraux de la diplomatie » en cours. Par gros temps, notre diplomatie a besoin de se repenser. Quelles priorités ? Quels objectifs et quels moyens ? Mais aussi quelles zones géographiques ? En Afrique, par exemple, il est urgent d’enrayer notre déstabilisation…

Si le hard power prévaut à nouveau à la faveur de la guerre en Ukraine et de la montée des périls à travers le monde, nous pensons au Club France Initiative que le soft power a encore de beaux jours devant lui et qu'il reste un atout considérable pour la France. Les Français en général et les Français à l'étranger en particulier en sont les meilleurs ambassadeurs. Alors en 2023, faisons preuve d'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, de celle qui finit par faire sourire la fortune.

Vincent BERTHIOT

Délégué général du Club France Initiative


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